Un moteur électrique ne peut fonctionner sans un système d’isolation fiable. Ce système est composé de trois couches complémentaires :
- L’émail appliqué directement autour des fils de cuivre du bobinage
- L’isolant souple (ou laminé), placé dans les encoches et entre les spires
- La résine ou le vernis d’imprégnation, qui consolide l’ensemble et assure la tenue mécanique finale
L’isolant souple joue un rôle de barrière diélectrique physique entre le conducteur et le noyau magnétique en fer du stator et entre les différentes phases du bobinage. Sans lui, toute différence de potentiel entre ces éléments entraînerait un claquage immédiat et la destruction du moteur.
Pourtant, malgré son rôle critique, l’isolant souple est souvent méconnu des concepteurs de systèmes électriques. Cet article détaille sa structure, ses matériaux constitutifs et les critères qui guident son choix dans les applications industrielles et de mobilité électrique.
Anatomie d’un isolant souple
Structure générale : trois composants fondamentaux
Un isolant souple de qualité industrielle est toujours constitué de trois éléments associés par laminage.
1. Le film organique (support diélectrique)
Le film est le composant qui assure la rigidité diélectrique de l’ensemble. Il s’agit d’un film thermoplastique dont l’épaisseur varie typiquement de 12 à 350 µm. Les principales familles de films utilisées sont :
| Matériau | Sigle | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Polyéthylène téréphtalate | PET | Bon marché, bonne rigidité diélectrique, limité en T° (Classe B/F) |
| Polyimide | PI (Kapton®) | Excellente tenue thermique (Classe H+) |
| Poly Phénylène Sulfone | PPS | Haute température, bonne résistance chimique |
| Poly Éthylène Naphtalène | PEN | Intermédiaire entre PET et PI, bon rapport coût/performance |
Le choix du film conditionne en grande partie la classe thermique finale de l’isolant et son comportement sous contraintes électriques.
2. Le renfort mécanique
Le renfort est associé au film pour améliorer ses propriétés mécaniques. Il répond à plusieurs fonctions :
- Augmenter la résistance à la déchirure, notamment lors des opérations d’insertion automatique dans les encoches du stator
- Modifier la glissance de surface pour faciliter le glissement lors de l’insertion mécanisée
- Absorber le vernis d’enduction déposé sur l’isolant
- Absorber le vernis d’imprégnation utilisé en phase de fabrication du moteur
| Type de renfort | Description | Usage typique |
|---|---|---|
| Feutre de PET | Non tissé de polyester | Applications standard, bonne absorption de vernis |
| Tissu de verre | Trame woven | Haute résistance mécanique |
| Feutre de verre | Non tissé de verre | Bonne absorption, résistance thermique |
| Papier aramide | Nomex® (DuPont) | Haute performance thermique et mécanique |
3. La colle d’assemblage
Film et renfort sont liés par une colle dont la nature conditionne la tenue globale de l’isolant :
- Colle acrylique : économique, bonne adhérence à froid
- Résine polyuréthane : bonne flexibilité, résistance aux solvants
- Résine époxy : haute température, excellente résistance chimique
La colle doit impérativement résister aux températures de sollicitation de l’isolant en service. Une colle qui se dégrade avant les autres composants crée des décollements entraînant la perte des propriétés mécaniques de l’ensemble laminé.
Diversité des structures de laminés
Les isolants souples se déclinent en plusieurs configurations structurelles, combinant différents films et renforts :
- Simples : film seul, pour applications basse tension peu contraignantes
- Laminés : association film + renfort, configuration la plus répandue
- Multicouches : plusieurs films et renforts associés pour des performances maximales
- Enduits : avec dépôt de vernis sur une ou deux faces pour modifier les propriétés de surface
Comment choisir son isolant souple ?
1. La classe thermique : critère premier
Comme développé dans notre article sur les indices thermiques (IEC 60085), la température de service est le critère de sélection primordial. Elle détermine non seulement le type de film à utiliser, mais également la nature de la colle et du renfort.
2. La rigidité diélectrique
La rigidité diélectrique (exprimée en kV/mm) définit la capacité de l’isolant à résister sans claquage à un champ électrique. Pour les moteurs industriels à 400 V, des valeurs de l’ordre de 10 à 30 kV/mm sont typiquement requises. Pour les applications haute tension (onduleurs à 800 V des véhicules électriques), des exigences bien supérieures s’imposent.
3. Les propriétés mécaniques en conditions d’usage
Les conditions industrielles de mise en œuvre sont déterminantes :
- Insertion automatique à grande cadence : l’isolant doit résister aux efforts de poussée et ne pas se déchirer
- Résistance à la traction après imprégnation (les vernis peuvent fragiliser certains matériaux)
- Tenue aux vibrations en service (applications automobiles et ferroviaires)
4. La compatibilité chimique
L’isolant souple doit être compatible avec :
- Les vernis d’enduction éventuellement appliqués en usine
- Les résines d’imprégnation (époxy, polyester, polyuréthane) utilisées lors de la fabrication du moteur
- Les fluides de refroidissement dans les moteurs à refroidissement direct
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Notre positionnement technique
Notre expertise couvre la totalité de la chaîne de valeur :
- Formulation et sélection des matières premières (films, renforts, colles)
- Fabrication des laminés sur notre site de Montpellier
- Tests de qualification en laboratoire interne (rigidité diélectrique, endurance thermique, résistance mécanique)
- Support technique pour la définition du cahier des charges avec nos clients
Applications spécifiques : de l’industrie au véhicule électrique
Nos isolants souples équipent des moteurs dans des secteurs exigeants :
- Industrie lourde : moteurs de pompes, compresseurs, machines-outils
- Ferroviaire : en partenariat avec la SNCF et la RATP depuis de nombreuses années
- Automobile électrique (xEV) : développement en partenariat avec les acteurs majeurs du secteur, notamment pour les moteurs haute densité de puissance
Innovation continue
Les évolutions des systèmes de traction — tensions d’onduleur passant de 400 V à 800 V, densification thermique croissante — nous poussent à innover en permanence sur les formulations et les structures de laminés. Notre équipe R&D développe des solutions adaptées aux nouvelles contraintes des moteurs xEV, notamment la résistance aux décharges partielles et la tenue aux fluides de refroidissement directs.
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Références : IEC 60085 (Classification thermique), CEI 60216 (Endurance thermique), CEI 60455 (Composés réactifs isolants), IEC 60626 (Matériaux combinés souples destinés à l’isolement électrique).





